RAPPEL SUR LA SIGNIFICATION DU TERME WUSHU

Le terme kung fu a été introduit en Europe dans les années 1970 pour désigner les films chinois d’arts martiaux. Ce terme « sonnait » mieux d’un point de vue phonétique et mnémotechnique à l’oreille des occidentaux.Pourtant il faut préciser que les termes « kung » ou « gong » et « fu » traduits littéralement et séparément ont une toute autre signification que « arts martiaux » chinois.

Le terme « gong » se compose du sinogramme « travail » et du sinogramme « force » qui,unis signifient « ce qui est méritoire » ou « la maîtrise par le travail » quelle que soit la discipline pratiquée. Ils indiquent aussi les effets,les résultats positifs du travail.

Le terme « fu » désigne les techniques elles-mêmes employées en tant que contenu. On peut ainsi dire de quelqu’un qu’il posséde le « gong fu » non seulement dans les arts martiaux mais aussi dans toute autre pratique, on peut posséder le « gong fu » en gastronomie,en peinture, en musique, etc.

Donc,le terme plus adéquat pour qualifier les arts martiaux chinois est « wushu ». C’est ainsi que l’expression « gong fu wushu » désigne au sens propre « la maîtrise de l’art martial ».

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HISTOIRE DU WUSHU

 

Le père légendaire du WUSHU est un moine issu de l’Inde profonde, BODHIDHARMA ( DAMO en chinois ) qui quitta son pays natal vers l’an 500 après Jésus Christ pour diffuser la connaissance du Bouddhisme  » CHAN » pour les chinois. Cette légende raconte que ce moine s’installa dans une grotte et médita durant neuf années.

La connotation combative du kung fu wushu continua de se développer au cours des siècles suivants,apportant aux populations non armées, un formidable moyen de lutter contre les pouvoirs en place, officiels ou pas. Il fut d’ailleurs formellement interdit une nouvelle fois pendant la révolution culturelle. Mais il avait eu le temps de se répandre dans toute la Chine puis vers le continent asiatique,prenant des noms divers (karaté,judo,viet vo dao,aîkido…) et le plus souvent celui de la famille fondatrice du style pratiqué. C’est par l’île d’Okinawa, située au sud du Japon et envahie par les japonais,que le style SHALOIN se répandit au Japon,pour ensuite arriver en Europe. Cette diffusion s’étendit dans le monde entier en précédant ou en suivant la diffusion des principes philosophiques du TCHAN ( qu’on appelle ZEN au Japon). D’autres temples moins connus que SHAOLIN comme celui du mont WUDANG développèrent d’autres courants d’arts martiaux,plus influencés par le TAOISME.

Aujourd’hui l’ensemble des pratiques martiales chinoises comporte plus de 400 styles à mains nues ou avec armes. Quant au monastère SHAOLIN, maintes fois pillé, incendié et reconstruit, il est encore à ce jour en pleine rénovation, grâce notamment au fait qu’il soit devenu aussi un site touristique reconnu par la Chine.

Après leur réhabilitation par les autorités les moines du monastère de SHAOLIN observèrent la gestuelle des animaux et se rendirent compte que la nature les avait dotés de moyens de défense performants. Ils ont donc appliqué dans leur pratique les techniques animales observées et ont abouti à de magnifiques chorégraphies appelées « TAO » (le CHEMIN en chinois). Ces TAOS permettent de développer à la fois un travail physique,technique et de concentration. Grâce à ces TAOS, la pratique du WUSHU a pu se transmettre de génération en génération. Chaque TAO , du tigre, du dragon, du serpent,… a une signification bien précise. Par exemple celui du dragon évoque la puissance et la force, celui du singe la ruse et celui du serpent la fluidité et la rapidité.

Les chinois utilisent plusieurs termes et en particulier « ZHONG GUO WU SHU » pour désigner les arts martiaux chinois. Il est généralement plus approprié de citer directement le nom du style afin d’éviter les erreurs ( CHANG QUAN, NAN QUAN, SHAOLIN QUAN, LONG QUAN, HOU QUAN, WING CHUN,…)

La pratique du WUSHU se distingue aussi par l’utilisation des armes traditionnelles telles que le bâton, le sabre, la lance, l’épée, le nunchaku à trois branches, la chaîne…

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LE SENS DU SALUT EN KUNG FU WUSHU

Historiquement, dans la Chine ancienne, le salut représentait une sécurité contre d’éventuels agresseurs. En effet, si vous connaissiez quelques techniques de QUIN NA SHU (l’art des saisies et des clefs), il était possible, en saisissant la main d’un individu vous disant bonjour, de l’attaquer par surprise. C’est ainsi que le salut à distance pouvait être à la fois un signe de politesse et la meilleure façon de prévenir une mauvaise intention. Le salut est aujourd’hui le signe rituel qui permet à tous les pratiquants de se reconnaître comme faisant partie d’une même famille.

Mais le salut est aussi un symbole représentant l’union du YIN (main gauche ouverte) et du YANG (poing droit fermé), c’est à dire la bipolarité des arts martiaux: la paix- la guerre, la force- la faiblesse, la terre- le ciel, le soleil- la lune, etc…Il est le premier geste qui unit et qui transporte vers la recherche de l’équilibre et de l’harmonie, principes fondamentaux des arts martiaux chinois.

A l’époque de la rébellion des loyalistes  » MING » contre les  » QING » (mandchous), il était de coutume d’utiliser ce salut comme signe de ralliement. Le poing fermé est censé représenter les forces positives ( yang), et par extension le soleil et la paume de la main gauche les forces négatives (yin) et par extension la lune. Or dans l’écriture chinoise, l’idéogramme « soleil » accolé à l’idéogramme « lune » donne un nouvel idéogramme qui se lit « clarté », « ming ». Faire se rencontrer le soleil et la lune était donc, grâce à un geste très simple, montrer son attachement à la cause révolutionnaire et réaliser la formule  » MING FU, QING FAN » autrement dit  » renverser les qing et restaurer les ming »

article écrit par Thomas Porzio ceinture noire 3 éme duan de kung fu wushu, formé en France et en Chine.

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LA PRATIQUE DES ARMES EN AIKIDO BOKKEN ET JO

 

Maître MORIHEI UESHIBA s’est inspiré de différents arts martiaux pour créer  l’aïkido.

Pour le travail au BOKKEN (sabre de bois) on dit qu’il s’est inspiré du travail au sabre de l’école KASHIMA SHINTO RYU.

Le travail au JO (bâton) vient lui de l’art du YARI (lance) et aussi du NAGINATA (fauchard ou faux à long manche). Ce dernier était utilisé par les femmes pour sectionner les jarrets des chevaux ennemis et ainsi désarçonner les cavaliers.

L’étude des armes est indissociable de la pratique à mains nues, les deux sont complémentaires et se renforcent mutuellement. Cette pratique des armes est à part entière aux fondements de l’aïkido, elle développe les sensations, elle guide, repense et remet en question, à chaque instant, la technique.

AIKIDO, travail d’armes
Par Jean-Philippe WAHL, 4e dan
Tori : Jean-Philippe Wahl
Uke : Marie Duval, Youlika Michalski, Grégory Trinel
Montage : Cédric Chort
Lille, Février 2012

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Historique du style Yang

C’est maître YANG LU CHAN qui fut le fondateur du style YANG.A l’origine il avait pratiqué le style CHEN chez maître CHEN WANTING puis fonda son propre style.

Son petit fils YANG CHEN FU créa plus tard la forme moderne YANG.

Le but de YANG CHEN FU était, en créant la forme moderne, de vulgariser, de diffuser le tai chi au plus grand nombre alors que précédemment la pratique restait confidentielle et familiale. Pour ce faire et dans un but de simplification il réduisit la forme initiale de son grand-père qui était de plus de 200 mouvements en la forme des 108 et supprima tout ce qui lui paraissait difficile tels que les pas tournants,les frappes avec sauts et acrobaties diverses.

Cette forme des 108 se diffusa progressivement dans toute la Chine entre 1820 et 1835 date de sa mort.

La forme des 108 est répétitive puisqu’elle ne comporte que 55 mouvements différents,pratiqués à gauche et à droite.Elle est aussi très linéaire à l’exception de quelques pas en épis.

C’est le temps de la république de CHANG KAÏ-CHEK. A noter également à cette époque une certaine influence de l’occident entre 1911 et 1945 avec la boxe anglaise et la boxe française.

Avec l’arrivée au pouvoir de MAO TSE TOUNG en 1949 les choses ont changé. MAO a voulu éliminer toutes les formes traditionnelles et faire table rase des formes anciennes comme représentant des pratiques élitistes de l’ancien régime.

La pratique des styles anciens redevint confidentielle.

Pourtant YANG CHEN FU trouva en partie grâce à ses yeux puisque celui-ci ne mettait plus l’accent sur le côté martial et élitiste du tai chi mais au contraire privilégiait l’aspect santé et relationnel de la pratique. C’est ainsi qu’il accepta de promouvoir une nouvelle forme qu’on appela « la petite forme de Pékin » en 24 postures en 1955 1956,nouvelle appellation qui perdait en même temps une référence trop marquée au style YANG traditionnel,mais qui était malgré tout issue des 108 YANG et copie d’une forme courte d’un autre fils de maître YANG LU CHAN, YANG BANG HOU.

Cette forme simple et très éducative fut répandue dans le but de dynamiser l’esprit national du peuple.

Dans le même esprit fut créée à la même époque une forme simplifiée à l’épée en 32 postures,forme condensée issue des 67 mouvements anciens,équivalent pour l’épée de ce que fut les 24 mains nues pour les 108 anciens.

A noter que les formes au sabre furent laissées de côté pour leur connotation trop martiale.

Il y eut donc une renaissance du tai chi dans les années 1955 1956 jusqu’à l’époque de la révolution culturelle des années 1965 1976.Durant ces années relativement courtes de renaissance furent retravaillés aussi les 5 styles traditionnels(yang,chen,wu,hao wù et sun).

Pour une plus grande vulgarisation il fallait alors uniformiser les différents styles, d’où la création de tao lu de concours, qui, sur une trame de style YANG, empruntaient des mouvements aux différents styles les plus représentatifs.

C’est ainsi que furent créés les 48 postures mains nues et les 48 postures à l’épée entre 1957 et 1965.

Avec la révolution culturelle des années 1965 tout fut de nouveau remis à l’index.
Ce n’est qu’après les années 1976 que la pratique put de nouveau reprendre son essor avec une nouvelle fois la volonté politique de retrouver un tai chi éducatif pour le peuple et la même idée d’unification des différents styles.

Dans les années 1977 à 1980 les formes 48 mains nues et 48 épée de concours furent abandonnées pour créer une nouvelle version de concours en 42 postures mains nues et 42 postures épée.Il faut attendre 1996 pour que soit créée une forme de concours en 42 postures au sabre courbe issue de la forme des 13 mouvements anciens de base,qui elle même donna lieu à de nombreuses interprétations différentes qui sont toujours pratiquées actuellement.La forme longue ancienne au sabre a été complétement oubliée.
La forme moderne des 88 postures mains nues,créée en 1980,à la sortie de la révolution,est une interprétation des 108 anciens. Il y a très peu de différences entre les 2.

On retrouve cette même correspondance entre les 67 mouvements épée anciens et les 56 mouvements épée modernes.

A la même époque est revenue la pratique des 5 styles principaux et les formes courtes de ces différents styles que l’on appelle QI GONG TAI CHI.

Ainsi les 2 principaux styles YANG et CHEN sont les 2 piliers du tai chi renouvelé (ex. les 42 postures mains nues ont une trame YANG avec des apports d’autres styles)

Le bâton.

Le bâton est l’arme initiale rencontrée dans tous les styles,mais dans le style YANG sa pratique fut perdue car YANG CHEN FU avait décidé,délibérément,de ne pas la transmettre à cause de son côté trop martial et trop agressif.Comme je le disais précédemment il voulait privilégier l’aspect gymnique,l’aspect « longue vie » et l’aspect relationnel de bonne entente entre les pratiquants. C’est quelqu’un d’autre de sa famille qui,en définitive,transmit les 13 postures bâton court dans les années 1976. Quant à la forme longue des 104 postures bâton,que nous pratiquons et que vous pouvez visualiser sur le blog,elle fut créée dans les années qui suivirent.

L’éventail.

L’éventail est la dernière forme YANG qui fut créée en 1996 à l’université d’éducation physique de Pékin,forme longue en 73 mouvements. Puis,toujours à l’université d’éducation physique de Pékin,maître LI DE YI fit une forme plus courte en 48 ou 52 mouvements fin 1999.Cette forme fut présentée lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de 2008.

C’est cette forme là que nous pratiquons.

Quelle forme de style YANG pratiquer de préférence?

Bien sûr toutes les formes sont intéressantes parce qu’elles ont chacune leurs spécificités,elles ouvrent chacune à d’autres sensations qui se complètent mutuellement et se renforcent l’une l’autre.

En tant que débutant il vaut mieux commencer par une forme courte telle la petite forme de Pékin et intégrer progressivement les autres en fonction de son expérience propre.
Les formes longues telles les 108 ou 88 mains nues sont intéressantes dans la mesure où elles nécessitent une concentration soutenue sans défaillance,une présence à soi et à la forme.Par contre elles ont l’inconvénient d’être trop linéaires,répétitives et asymétriques (par ex. le simple fouet et les nuages se font toujours dans le même sens de droite à gauche) or je pense que pour une bonne maîtrise corporelle il faut pouvoir pratiquer chaque posture aussi bien à droite qu’à gauche. L’intérêt de formes telles que les 48 ou 42 mains nues est justement de pratiquer les postures dans toutes les directions et ainsi mieux maîtriser son corps dans l’espace.

Les formes courtes ou QI GONG TAI CHI telles les 10 ou les 12 mains nues ont également cet intérêt d’un travail symétrique droite gauche et en même temps de ne pas être trop difficiles à mémoriser.

12 postures mains nues style YANG

 

24 postures mains nues style YANG

24 postures mains nues style YANG

48 postures mains nues style YANG

104 postures bâton court (13 paumes) style YANG

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Le Tai Chi et les 5 éléments de la tradition chinoise

La tradition chinoise considère 5 éléments constituant l’univers : les wu xing. Ce sont :

  • le ciel, la terre, le métal, l’eau ou l’air, le bois.
  • le bois (mu)
  • le feu (huo)
  • la terre (tu)
  • le métal (jing)
  • l’eau (shui)

Ce sont 5 modalités en relation entre elles,fondement du changement de tout phénomène selon 2 règles d’influence mutuelle, l’une d’engendrement (cycle shen) et l’autre de corruption ou domination (cycle ke)

L’explication traditionnelle chinoise du monde (cosmologie chinoise) est un système analogique,comme d’ailleurs le fut notre relation occidentale au monde avant la renaissance (cf. Michel Foucault : « les mots et les choses »). Cette analogie implique tout un système complexe de correspondances qui régissent l’être au sens large et la vie. En médecine traditionnelle chinoise par exemple on retrouve ces correspondances (il serait trop long de les expliquer ici en détail, néanmoins on peut en donner quelques exemples pour mieux comprendre) ainsi :

  • feu =été=coeur/intestin grèle
  • terre = long été = rate/estomac
  • métal = automne = poumon/gros intestin
  • eau = hiver = rein/vessie
  • bois = printemps = foie/vésicule biliaire

Ces 5 mouvements ou éléments s’engendrent mutuellement (cycle shen) ou se contrarient, se freinent, se contrôlent, se détruisent (cycle ke).

Le sens de l’engendrement est le suivant : le bois engendre le feu qui engendre la terre,  puis la terre le métal, le métal l’eau, l’eau le bois. C’est logique et bien observé par les anciens ainsi il faut du bois pour faire du feu,il faut de l’eau pour que le bois pousse, etc.

Le sens de la domination ou corruption est le suivant: le bois domine la terre qui domine l’eau qui détruit le feu qui détruit le métal qui domine le bois. Ainsi le bois couvre la terre et l’épuise, la terre absorbe l’eau, l’eau éteint le feu, le feu fait fondre le métal, et le métal coupe le bois.

Il n’y aurait pas la vie sans engendrement et croissance et il n’y aurait pas d’harmonie sans contrôle réciproque, d’où l’importance de l’équilibre de ces 2 cycles.

Vous allez me dire,oui tout cela est bien beau et cohérent mais on est loin de la pratique du tai chi chuan. Et bien, pas du tout, j’y arrive, car on retrouve dans la pratique la correspondance aux 5 éléments :

Le bois bien sûr correspond au bâton, tai chi gun ou kouen selon l’orthographe,(il peut être de 3 dimensions différentes: long de 13 paumes c’est le bâton court,qui correspond à la canne,le 2ième est le bâton de pélerin, sa longueur est d’une hauteur d’homme,planté droit au sol entre les pieds il arrive au niveau de l’entre- sourcils,on l’appelle celui du 3ième oeil,enfin le dernier est d’une longueur de 6 pieds1/2,soit environ 2 mètres. Le bâton,  symbole de la croissance, est probablement la 1ère arme utilisée d’emblée par nos lointains ancêtres, il est aussi apprécié par les enfants pour jouer, enfin il est utile au vieillard pour se redresser et augmenter son périmètre de marche.

Le feu correspond à l’épèe (tai chi jian), c’est l’arme de la noblesse et de l’autorité. L’épèe cisèle, entaille, fait saigner, lèche comme la flamme. On la tient, selon le mouvement, soit tres librement entre le pouce et l’index (gueule du tigre), soit main fermée avec tous les doigts (escargot).

La terre correspond à la main ou au poing,c’est le tai chi chuan proprement dit (les différentes formes à mains nues). De même que la terre est le centre,le point d’appui sans lequel nous ne pourrions développer nos mouvements dans l’espace, de même la main est le centre sans laquelle la pratique des différentes armes serait impossible. L’emploi de l’arme prolonge l’efficacité de l’énergie transmise par la main.

Le métal correspond au sabre,le tai chi dao (sabre courbe ou sabre droit). C’est l’arme de la guerre,du cavalier ou du fantassin. Contrairement à l’épèe il se tient exclusivement à pleine main (saisie dite de l’escargot, la main fermée ayant cette forme de coquille d’escargot).

Enfin à l’eau ou l’air correspond l’évantail (tai chi san). Il existe des formes à un seul évantail,tenu de la main droite et des formes à 2 évantails pour les 2 mains. Evidemment ces dernières nécessitent plus de maîtrise et de coordination. l’évantail est l’élément par excellence de la fluidité. Dans les temps anciens il était utilisé par les hommes, non pas tant pour ventiler par temps chaud mais comme moyen de défense de dernier recours, il était alors en acier et ses branches se terminaient par des pointes, il pouvait parer une attaque ou piquer.

Chacune de ces 5 pratiques du tai chi a ses spécificités, ses sensations propres, quoique l’on puisse retrouver de nombreuses correspondances de postures entre elles, d’où leur intéret. En un mot, pour le dire vite, c’est à la fois identique et différent. D’où l’importance de les pratiquer sans exclusive. Ne vouloir pratiquer que les formes à mains nues, c’est bien mais c’est vouloir se limiter dans l’étude du tai chi. Certes, les formes à mains nues sont essentielles, je l’ai dit elles sont centrales au sens propre du terme en tant qu’ élément terre, mais la pratique des armes, en plus d’ouvrir à d’autres sensations, permet de s’ouvrir à une tradition plus complète.

J’essaierai, progressivement, de vous présenter différentes vidéos pour illustrer mes propos.

Voici une vidéo sur l’épée style Chen par le père de Jiang Chang.

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TAI CHI CHUAN STYLE CHEN

  Nous pratiquons à lille le style YANG et le style CHEN. Les vidéos que nous présenterons progessivement sur le blog font partie de ces deux styles.

STYLE CHEN

  L’école de style CHEN que nous suivons s’appelle XIN-YI HUN-YUAN TAI CHI CHEN. La généalogie de cette école CHEN est la suivante :

  A l’origine le style CHEN est issu d’un village de la province HENAN (centre de la Chine) et qui s’appelle CHEN JIA GOU.

  Ce style CHEN primitif a donné par la suite les cinq grands styles principaux de TAI CHI CHUAN qui sont actuellement pratiqués : ce style CHEN ancien est à l’origine des styles :

  • .CHEN
  • .WU
  • . 
  • .SUN
  • .YANG

  Pour le style CHEN proprement dit un grand maître a marqué le début du 20 ième siècle MAITRE CHEN FAKE.

  Après lui son enseignement s’est subdivisé en deux branches distinctes,l’une dirigée par son fils, (puis par les successeurs de son fils CHEN XIAO WANG et CHEN ZHENGLEI), l’autre dirigée par son élève FENG ZHI QIANG. C’est FENG ZHI QIANG, agé actuellement de 85 ans qui est le grand maître de l’école XIN-YI HUN-YUAN TAI CHI CHEN que nous suivons.

  Dans les années 1940 FENG ZHI QIANG a voulu revenir aux sources du CHEN en insistant sur le coté énergétique de la pratique( HUN YUAN veut dire « mixer l’essentiel de l’énergie »). Pour ce faire il a intégré à sa pratique le XIN-YI enseigné à l’époque par un de ses amis HU YAO ZHEN grand maître de médecine chinoise.

  Pendant la révolution culturelle chinoise des années 70 tous les arts traditionnels furent interdits et leurs pratiquants pourchassés. FENG ZHI QIANG a continué sa pratique secrétement alors qu’il était devenu ouvrier d’usine. Après ces années sombres, il a pu reprendre son enseignement.

  Aujourd’hui c’est son élève MAITRE CHEN WUXING agé de 65 ans qui poursuit son oeuvre et enseigne à Pékin (vous pouvez admirer sa pratique sur les vidéos du blog).

  C’est avec mon amie JIANG CHANG que je pratique ce style. JIANG CHANG est élève directe de maître CHEN WUXING, elle est en France depuis 6 ans pour terminer ses études et a soutenu l’année dernière à lille une thèse de doctorat en nano bio technologie. Nous pratiquons la forme des 24 postures mains nues et la forme des 48 épèes. Formes que vous pouvez suivre sur les vidéos du blog.

ASSOUPLISSEMENTS MAITRE CHEN WUXING

Les 8 postures de base du tai chi chen: PENG (parer), LU (tirer), JI (presser), AN (repousser), CAI (cueillir), LIE (tordre), ZHOU (coup de coude), KAO (coup d’épaule) démontrées ici par MAITRE CHEN WUXING :

Démonstration des 24 postures CHEN par MAÎTRE CHEN WUXIN :

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Forme avec partenaire IPPON KUMITE

Dans la progression de l’étude avec partenaire la forme IPPON KUMITE vient après GO HON KUMITE (5 attaques identiques + 1 contre-attaque) puis SAMBON KUMITE (3 attaques qui peuvent être variées + 1 contre-attaque). Ces deux dernières formes sont pratiquées par les débutants. La forme IPPON KUMITE s’adresse aux élèves qui ont déjà une bonne pratique (elle est au programme du passage 1er dan).

Il s’agit d’une seule attaque,sur un pas,en annonçant la technique employée et le niveau du corps visé.

C’est une forme conventionnelle (TEN NO KATA) qui précède dans l’étude les assauts libres (JIYU KUMITE), forme réservée aux élèves expérimentés.

On distingue: KIHON IPPON KUMITE et IPPON KUMITE proprement dit en fonction de la position de départ des 2 partenaires. Pour la 1ere forme la position de départ de l’attaquant ( TSUKI TE) est ZEN KUTSU DACHI ou FUDO DACHI  celle de l’attaqué (UKE TE) est HACHIJI DACHI (posture naturelle debout). Pour la 2eme forme la position de  départ sera pour les 2 ZEN KUTSU DACHI.

Dans la forme IPPON KUMITE je voudrais insister sur 2 façons différentes de pratiquer: soit en GO NO SEN soit en SEN NO SEN. Ce sont en karaté deux notions importantes qui témoignent de la différence de niveau des pratiquants, pas seulement une différence de niveau technique,également une différence d’attitude psychologique face à l’attaque.

Littéralement GO NO SEN veut dire que le blocage de l’attaque est aussi puissant que la contre-attaque. Mais ici blocage et contre-attaque se font en 2 temps (d’abord blocage puis contre-attaque). C’est psychologiquement une attitude essentiellement défensive (il s’agit d’abord de ne pas prendre le coup avant de contre-attaquer). Ce sont les automatismes que l’on apprend d’abord quand on est débutant: blocage puis contre-attaque. Avec SEN NO SEN au contraire ces automatismes doivent être oubliés et je vous prie de croire que ce n’est pas facile de les oublier après tant d’années de pratique et de répétitions. Dans SEN NO SEN on a blocage (ou esquive) et contre-attaque en simultané (les 2 se font en même temps). Psychologiquement c’est tres différent. On rentre dans l’attaque dès qu’elle démarre et on ne lui laisse pas le temps de se développer jusqu’à son aboutissement. Ca demande concentration et grande détermination pour réagir au plus vite. Cela demande une attitude psychologique essentiellement offensive: je suis dans ma tête plus fort que l’attaquant et à la limite, peu importe son attaque parce que je vais lui imposer ma détermination. On appelle cela « esprit de décision », ce qu’en anglais on appelle : » fighting spirit « . On retrouvera  évidemment plus tard cette attitude psychologique dans le combat libre (JIYU KUMITE).

Les vidéos présentées ici illustrent par quelques exemples  ces différents IPPON KUMITE.

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Kata Goju Shi Ho Sho

Le kata GOJU SHI HO SHO en vidéo.

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Kata Jihon

Le kata Shotokan JIHON en vidéo.

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